Le monastère

Fondé par Césaire au début de VIe siècle sous le vocable de saint Jean, le monastère prend au Moyen-Âge le nom de son fondateur. Les premiers temps du monastère sont mal connus. Les fouilles récentes de l’enclos Saint-Césaire ont montré que cet espace était occupé par une très grande église, sans doute la cathédrale. Le monastère de Césaire se trouvait donc ailleurs, probablement plus au nord. On ignore tout de l’organisation de ce couvent, qui comptait plus de deux cents moniales à la mort de l’évêque.

C’est probablement au IXe siècle que l’on décide de transférer la cathédrale vers le centre de la cité, à l’emplacement de Saint-Trophime. A ce moment, le sol de l’ancienne cathédrale –désormais désaffectée – est occupé par de nouvelles constructions, mais qui semblent surtout avoir eu des fonctions utilitaires. Bien que rien ne le prouve, il peut s’agir de constructions dépendantes du monastère. C’est également au IXe siècle que l’on restaure le tombeau de Césaire, peut-être après une translation de son corps, si l’on suppose qu’il a été inhumé d’abord aux Alyscamps, dans l’église Sainte-Marie. A partir du XIIe siècle, le couvent s’installe à l’endroit où il se trouve encore de nos jours. Au début du XIIe siècle, on commence la construction de l’église Saint-Blaise, église conventuelle, par la travée orientale, qui remploie un sol en béton antique. Peu de temps après, dans la deuxième moitié du XIIe siècle, est construit sur la partie sud de l’ancienne cathédrale un grand bâtiment est-ouest, dont seul le mur nord est encore conservé. L’église Saint-Blaise est également agrandie à cette période, puis une dernière fois au début du XIIIe siècle. Quant à Saint-Jean de Moustiers, église paroissiale, elle n’a été intégrée dans le couvent qu’au XIVe siècle.

Les fouilles ont livré d’autres éléments des XIIe-XIIIe siècles, comme une maison sur deux étages encore partiellement conservée, ainsi qu’un mur nord-sud, également encore conservé en élévation. Jusqu’au XVe siècle au moins, le couvent s’étendait jusqu’à l’enceinte antique. Le mur de clôture, qui laisse un passage entre le couvent et les fortifications, ne semble pas antérieur au début du XVIIe siècle.

La communauté des moniales était essentiellement recrutée parmi les filles des familles nobles arlésiennes. Malgré la richesse de l’abbaye, les sources littéraires font état des difficultés du monastère à la fois pour le recrutement que pour la discipline. Afin de rétablir l’ordre, des moniales réformatrices de la congrégation de Saint-Maur sont installées dans l’abbaye dans les années 1630.

Fermés sous la Révolution et vendus en 1792, les bâtiments monastiques sont en grande partie détruits au cours du XIXe siècle. En 1877, la congrégation des sœurs de Notre-Dame des Sept-Douleurs prend possession des lieux pour en faire un hospice pour des personnes âgées. Cette installation a nécessité de gros travaux dont résultent le grand bâtiment est-ouest sur quatre étages encore conservé derrière Saint-Blaise ainsi que la chapelle moderne, qui reprend en partie des constructions médiévales.

Occupés jusqu’en 1995 par l’asile, les bâtiments ont abrité des services municipaux en attente d’une nouvelle affectation des lieux. Après plusieurs projets, les bâtiments rénovés ont été inaugurés en 2009.

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L’abbaye Saint-Césaire
Détail du plan de la ville, publié par le P. Melchior, Annales des Minimes, 1683



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Plan de l’abbaye Saint-Césaire
Extrait du plan de N. Quiqueran de Beaujeu, 1743