Les sources

Le couvent Saint-Césaire, situé dans l’angle sud-est de la ville, est réputé être la continuité directe du monastère féminin Saint-Jean, fondé par Césaire au début du VIe siècle et consacré en 512. Divers textes de l’époque de Césaire permettent de supposer que ce monastère a été construit à l’emplacement d’un premier groupe épiscopal, comprenant la cathédrale et un baptistère, sans doute construit dans le courant du IVe siècle.
On supposait généralement que la cathédrale primitive avait été transférée dès le Ve siècle à l’emplacement de la cathédrale médiévale Saint-Trophime. Consacrée d’abord à saint Etienne, elle apparaît sous ce vocable à plusieurs reprises dans les textes de l’époque de Césaire.
Le monastère Saint-Jean, qui doit sans doute son nom à l’ancien baptistère, avait une clôture très stricte, que les moniales n’avaient pas le droit de franchir leur vie durant.
Seule une église, dont le vocable n’est jamais précisé dans nos sources, fait le lien entre le monastère et le monde extérieur. Il pourrait éventuellement s’agir de l’ancienne cathédrale.

Les découvertes anciennes

Depuis au moins le XVIIe siècle, des travaux dans le couvent ont mis au jour des vestiges antiques, dont la localisation exacte demeure le plus souvent incertaine. Cela vaut par exemple pour un « beau pavé à la mosaïque », trouvé avant 1687 ou pour les colonnes et chapiteaux, souvent de dimensions imposantes, qui ont été signalés à différentes occasions dans le couvent. Plus énigmatiques encore sont les mentions d’une « maison souterraine », composée de plusieurs pièces, qui devrait se trouver près de l’ancienne cuisine du couvent. Il pourrait éventuellement s’agir d’une citerne, comme celle signalée dès 1760 dans le jardin du couvent et que les fouilles récentes ont permis de retrouver.

Les fouilles du XXe siècle

Des découvertes plus importantes ont été provoquées par le creusement de la tranchée du tout-à-l’égout aménagé au début des années 1930 dans l’ancienne rue qui longeait l’enceinte antique.
C’est en particulier devant la tour d’angle de l’enceinte, appelée communément la tour des Mourgues (= des moniales) qu’étaient conservés encore sur plusieurs mètres d’élévation des murs, considérés comme faisant partie du couvent médiéval.
Le démontage de ces constructions en 1947 a révélé la présence d’une abside polygonale, qui appartenait sans aucun doute à une église paléochrétienne.
Signalons enfin que les fouilles de l’église Saint-Blaise, l’ancienne église conventuelle, ont mis au jour dans les années 1970 un sol en béton de tuileau antique, dont le lien avec l’ensemble religieux reste à démontrer.

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vue des fouilles devant
la tour des Mourgues, 1932



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Relevé des fouilles devant la tour des Mourgues, 1932



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Dessin des vestiges découverts en 1932
L. Véran