Césaire 470-542 évêque d’Arles de 502 à 542 : le contexte géo-politique

L’importance politique de la ville d’Arles, préfecture du Prétoire des Gaules depuis les années 400 fait que Césaire, né en 470 et décédé en 542, est un témoin direct des grands changements qu’a connu le monde antique entre la fin de l’Empire romain et l’émergence des royaumes dits « barbares ».

En effet, en 470, l’empire romain d’Occident vit ses dernières heures. Une grande partie de la Gaule est déjà occupée par des peuples germaniques : les Wisigoths en Aquitaine, les Francs au nord de la Loire et les Burgondes à l’est. C’est dans ce dernier royaume que naît Césaire. Seule la basse Provence est encore sous domination romaine jusqu’en 476, quand les Wisigoths s’emparent de la région.

En 484, le roi wisigoth Euric meurt à Arles.

C’est donc dans une ville importante du royaume wisigoth qu’arrive Césaire en 499 et quand il devient évêque d’Arles en 502, son origine burgonde le rend suspect auprès des autorités wisigothes, ce qui explique, sans doute en partie, son exil à Bordeaux en 505. Si les Wisigoths, comme les Burgondes, sont bien chrétiens, ils sont ariens.

En 507, lors de la bataille de Vouillé (près de Poitiers), le roi franc Clovis écrase l’armée wisigothique. Les Francs mettent ensuite le siège devant les remparts d’Arles, tout comme les Burgondes, également désireux d’intégrer cette ville capitale dans leur royaume. Après un long siège durant l’hiver 507/508, la ville est finalement conquise par les Ostrogoths, un autre peuple germanique installé en Italie, autour de Ravenne. La basse Provence est donc intégrée dans ce royaume. Ce fut le début d’une longue période de paix et de relative prospérité qui marque dans plusieurs domaines le retour à une administration romaine, avec notamment la restauration de la préfecture du Prétoire. Comme les Wisigoths, les Ostrogoths étaient ariens.

Pour des raisons que l’on ignore, Césaire est envoyé en 512 à Ravenne, où il est très bien accueilli par le roi Théodoric. Il se rend ensuite à Rome auprès du pape Symmaque qui lui accorde le droit de porter le pallium. Il est le premier évêque en Gaule à le porter. Symmaque concède à Césaire le titre de vicaire et confirme ses privilèges de métropolitain de la province de la Viennoise du Sud et même sur les évêchés qui se trouvaient en territoire Burgonde.

Ce n’est qu’en 523, après l’expansion du royaume ostrogoth jusqu’à l’Isère, que la juridiction de Césaire sur l’ensemble de son diocèse est effective. Il l'a conforte d'ailleurs par une série de conciles.

En 536/537, à la suite de négociations entre les Francs et les Ostrogoths, ces derniers abandonnèrent la Provence au profit du roi Childebert. Bien que les Francs furent catholiques depuis la conversion du roi Clovis, Césaire n’a sans doute que moyennement apprécié l’arrivée de ce peuple dont la mentalité et la culture étaient si loin de la civilisation méditerranéenne. Désormais, pour la première fois de son histoire, la Provence, dont le nom apparaît dans nos sources à cette période, dépend d’un pouvoir septentrional. Son grand âge ne permet pas à Césaire d'assister aux conciles du royaume mérovingien, auquel il appartenait désormais, mais ce n'est pas la principale cause de ses absences.

Quand il meurt cinq ans plus tard, en 542, dans un monde qui n’est plus le sien, il aura connu quatre royaumes, huit rois et treize papes, dont neuf pendant son propre épiscopat.


L’extension progressive des royaumes “barbares” dans les Gaules au Ve siècle



Le partage de la Gaule entre les souverains Francs en 561