A son arrivée à Arles, Césaire rencontre Julien Pomère, souvent considéré comme le dernier rhéteur d’Occident. C’est un chrétien, originaire d’Afrique du Nord, qui va lui enseigner la littérature classique. Césaire, s’étant endormi sur son Virgile, aurait rêvé qu’un serpent en sortait pour l’attaquer ; de ce jour, il aurait abandonné les classiques pour ne plus connaître que l’Ecriture. L’œuvre écrite de Césaire est importante et variée : traités théologiques contre l’arianisme ou le semi-pélagianisme oeuvre ecclésiastique et administrative, organisation de nombreux conciles, mais l’essentiel de ses écrits est composé par des sermons et des règles monastiques.

Les sermons

Le fer de lance de l’activité pastorale de Césaire a été la prédication. Contrairementpage2b à ses prédécesseurs, comme Hilaire, Césaire ne fait pas de longues homélies mais des prêches d’un quart d’heure. « Si vous le voulez bien, il n’est pas nécessaire que nous vous fatiguions davantage par un trop long sermon. Que suffise pour l’instant à votre charité ce qui vient d’être dit… ».
L’enseignement de la Parole tenait tellement à cœur à Césaire qu’il s’employa à élargir autant que possible son audience. Jusqu’alors, seuls les évêques avaient le droit de prêcher, mais Césaire étend ce privilège aux prêtres et éventuellement aux diacres, qui, dans les paroisses rurales pouvaient lire aux fidèles, les Pères de l’Eglise.
Afin d’aider les évêques ou prêtres en manque d’inspiration, Césaire s’est employé à composer des recueils d’homélies, souvent inspirées par celles d’Augustin et d’Ambroise, et a consacré un soin tout particulier à leurs reproduction et diffusion.
Des ateliers de copistes probablement installés à Arles ont permis que ces sermons soient lus en chaire bien après la mort de leur auteur et qu’ils arrivent jusqu’à nous 1500 ans après. Ces 238 sermons, témoignage du message pastoral de Césaire, sont aussi un précieux documentaire sur la vie au VIe siècle.

page1Les Règles monastiques

Autant que la prédication, l’organisation de la vie monastique a été l’une des préoccupations principales de Césaire. Si le plus souvent, une règle féminine était calquée sur celle d’un monastère masculin, l’originalité de la Règle des vierges, que compose Césaire pour les moniales de Saint-Jean, est qu’il s’agit de la première règle à avoir été écrite spécifiquement pour un monastère féminin. La Règle des vierges a été écrite sur un temps très long de 512 à 534 et adaptée au fur et à mesure, en fonction des réactions des moniales. Des éléments de cette règle proviennent du monastère de Lérins et de la lettre d’Augustin aux religieux d’Hippone. Soixante-treize chapitres règlent la vie des moniales et insistent sur plusieurs points :

Les conditions d’admission :
- L’abandon des biens matériels est exigé car « sans cette précaution les religieuses ne peuvent arriver à la perfection ».
- L’obéissance à l’abbesse et à la règle.
- L’obligation du travail manuel.
- L’obligation d’observer la clôture, avec interdiction de sortir du monastère leur vie durant.
- L’obligation de la vie commune : les cellules séparées sont interdites et les religieuses doivent vivre en communauté.
- L’obligation de la pauvreté matérielle.

Appliquées avec sagesse, ces règles inspirèrent, en 587, Radegonde, l’épouse du roi Clotaire, qui fit un séjour à Arles avant de fonder le monastère Sainte-Croix de Poitiers.
Par la suite, Césaire a adapté cette règle pour le monastère masculin (Règle des moines), il ne s’agit que d’un bref résumé de la Règle des vierges. Enfin, Césaire a consacré plusieurs sermons aux moines.

Son testament

Les dernières volontés que Césaire a rédigé dans son testament constituent un éclatant témoignage de sa sollicitude envers le monastère qu’il avait fondé. Il pourvoit ainsi à la survie de sa fondation, en insistant d’un côté sur la juridiction de l’évêque sur le monastère et de l’autre sur la légitimité des dons faits au monastère au détriment des biens appartenant à l’Eglise. Ses héritiers principaux sont donc l’évêque d’Arles et le monastère Saint Jean. Il lègue aux moniales quelques petites parcelles de terre ayant appartenues à la paroisse. Pauvre parmi les pauvres, l’évêque d’Arles, après quarante années d’épiscopat, ne possède que quelques vêtements personnels dont plusieurs lui ont été offerts, qu’il lègue à son successeur et à de rares familiers à l’exclusion de sa famille.